
Homo sapiens, un espèce pas si sage…
Une communauté de destins
Le système solaire et notre planète Terre se sont formés il y a 4,6 milliards d’années. Les premières cellules vivantes sont apparues dans les jeunes océans primitifs pour former il y a environ 3,4 milliards d’années les premiers êtres vivants, des unicellulaires, notamment des bactéries. Ces premiers êtres vivants sont donc les ancêtres de toutes les espèces actuelles, dont la notre.
Ensuite la vie se complexifie. Les organismes pluricellulaires apparaissent il y a environ 1 millard d’années. Puis la vie animale (et végétale) se diversifie, tous les grands groupes actuels apparaissent il y a 540 millions d’années, et la vie conquiert le milieu terrestre 200 millions d’années plus tard.
L’évolution de la vie est ponctuée par des crises d’extinction de masse dont la plus connue est la cinquième et la dernière d’origine naturelle qui date de 65 millions d’années et qui a vu disparaître les dinosaures.
Les scientifiques estiment qu’ils existent actuellement entre 8 et 12 millions d’espèces, dont 5 millions d’espèces d’insectes et 5500 espèces de mammifères. Mammifères dont le genre humain, qui n’apparaît qu’il y a 3 millions d’années, fait partie.
Notre espèce, Homo sapiens, qui veut dire « homme sage » en latin, elle, apparaît il y a seulement 100 000 ans. Nous appartenons au groupe des primates, donc des singes, et en particulier celui des grands singes avec les chimpanzés, bonobos, orang-outangs, gorilles et gibbons.
Ainsi, nous partageons la même origine que les animaux non-humains.

Une espèce pas si sage
À l’échelle des temps géologiques, notre espèce n’existe que depuis très peu de temps et s’inscrit dans une histoire commune à l’ensemble des êtres vivants, une histoire commune à l’ensemble des animaux.
Et pourtant notre influence sur le reste du vivant est immense, elle est globale, c’est-à-dire qu’elle est présente absolument partout sur la planète, même dans les endroits les plus reculés.
Nos activités transforment de façon colossale la vie sur Terre à tel point que nous sommes en plein dans la sixième crise d’extinction de masse, ou plutôt la première extermination de masse de la vie sur Terre.
Depuis l’apparition de notre espèce il y a seulement 100 000 ans, on trouve sept fois moins de mammifères terrestres et cinq fois moins de mammifères marins qu’avant. On compte deux fois et demi moins d’oiseaux sauvages que de volaille. Les humains et les animaux domestiques que nous créons pour nos usages sont beaucoup plus nombreux que l’ensemble des vertébrés, poissons exclus (c’est-à-dire tous les amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères).
Ces chiffres sont d’autant plus titanesques que ce sont bien des milliards d’individus, d’animaux, qui sont abattus ou qui périssent faute de nourriture et d’habitat.
Au regard de ces données, on peut se demander quel est le propre de l’espèce humaine? Ce ne sont pas les outils, ni le langage, ni la culture, puisque ces caractéristiques se retrouvent chez de multiples autres espèces animales. Est-ce que le propre de l’espèce humaine ne serait finalement pas sa capacité à détruire les autres, et par là-même à se détruire elle-même, à grande échelle ?
Car en un clin d’oeil depuis l’apparition de la vie sur Terre, nous balayons des milliards d’années d’évolution en éradiquant les beautés naturelles qui définissent la vie et en massacrant les animaux qui sont plus faibles que nous, qui sont nos victimes.
Cinq étapes pour mériter notre titre d’humain « sage »

Notre espèce est essentiellement centrée sur ses propres besoins et désirs sans prendre la peine de suffisamment évaluer et respecter la vie des autres animaux avec qui nous partageons non seulement une histoire commune, mais aussi potentiellement la seule planète qui abrite la vie.
Sachant que nous avons les capacités de détruire les habitants de cette planète comme bon nous semble, ne faudrait-il pas appliquer systématiquement des principes de précaution, des principes d’empathie, des principes de partage, lorsque nous nous interrogeons sur les besoins et l’utilité de développer nos activités? N’avons-nous pas une responsabilité morale envers les êtres vivants, notamment des animaux sentients, d’abord en tant qu’espèce, qu’humanité, mais aussi une responsabilité individuelle?
En effet, une espèce, c’est évidemment la combinaison des individus qui la composent, et il en va de même pour l’espèce humaine. Il serait donc trop facile et trop lâche de se dire qu’on ne peut rien faire, que ça ne changera jamais, que les activités de notre espèce ne sont pas de notre responsabilité. Au contraire, les changements individuels peuvent se répercuter dans le reste de la société et faire évoluer les mentalités.
Nous pouvons faire le choix de nous ériger contre la destruction de la biodiversité et les maltraitances, innombrables et souvent innommables, subies par les animaux.
Pour cela, nous pouvons commencer par nous demander quels sont les aspects de notre vie qui interfèrent le plus négativement avec la vie des animaux non-humains, puis les modifier. Voici les étapes :
- Faire une liste des aspects de notre quotidien, tels que l’alimentation, les vêtements ou les loisirs, qui impliquent une utilisation des animaux et ont un impact négatif sur leur vie ;
- En choisir un et lister les actions à mettre en oeuvre pour que cet aspect n’ait plus d’impact négatif sur les animaux ;
- Puis tester ces actions ;
- Et continuer si elles sont suffisamment faisables, sinon trouver des actions alternatives ;
- Enfin, répéter les étapes pour tous les autres éléments de votre liste.
Nous les humains, nous partageons le même héritage que le reste des animaux. Nous les humains, nous exterminons les vies de milliards animaux victimes de nos désirs. Nous les humains, nous pouvons pourtant devenir meilleur, nous élever en tant qu’humanité, nous élever en tant qu’individu.
Références
Biodiversité https://www.reseau-canope.fr/docsciences/La-biodiversite-en-chiffres.html
Yinon M. Bar-Ona, Rob Phillips, Ron Milo.The biomass distribution on Earth. PNAS. 2018. vol. 115 ; no. 25. pp 6506–6511.